𝕌𝕟 𝕕𝕚𝕟𝕖𝕣 à ℙ𝕖𝕣𝕥𝕖𝕧𝕚𝕥𝕣𝕖

Lorsque ses bottes touchèrent le sol, un bruit semblable a des coquilles d’œufs arriva aux oreilles de Paultrem. Il soupira, observa la semelle de sa botte droite, puis fronça le nez. 

      Une divine idée ma chère, lança-t-il à l’ombre qui se tenait près d’une maison éventrée par le temps. Tu broies les os pour fertiliser mes terres ?! 

      Phelraz fait de son mieux pour servir son Maître, persiffla-t-elle avant de disparaitre derrière un mur. 

Sa tête réapparut la première, ses gros yeux scrutaient le visiteur à travers le rideau gras que formait sa chevelure. Paultrem se tourna vers sa monture et défit une des poches accrochées à la selle. 

      Le Radge est-il passé ? 

      Phelraz l’a vu emporter l’indigène et le spèèèctre… 

La Harpie cracha et passa sur sa bouche ce qu’il restait de sa manche. 

      Qu’il se décompose vite ! Même Phelraz ne veut pas le manger. 

      Ma chère amie, c’est précisément ce que je vous conseille. Ce vieil Ouyouka semble peu juteux. Prenez donc ces yeux de suicidés, dit-il en tendant sa besace. Je me fais toujours une joie de vous les garder. 

La Harpie s’avança à quatre pattes et se redressa lentement devant un Paultrem souriant. Avec précaution, elle saisit le sac 

      Merci, mon Maître vous être trop bon… Bonne soupe ! Le Maître mange avec Phelraz ? 

      Avec plaisir. 

La Harpie s’avança vers la hutte, le Prince la suivit mais s’arrêta un instant pour observer les ombres mystérieuses des arbres les entourant. Quelque chose ne lui plaisait pas. La force magique de cet Ouyouka ne s’était toujours pas estompée. Et si l’Homme de l’Ombre était en danger ?

      Le bon maître vient ? J’ai des larves fraichement séchées, proposa la Harpie. 

      Comment refuser ! tonna la voix du Prince dans la sylve menaçante.  






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